2011
À la marge

59e semaine de culture graphique

À la marge, ce qui est écrit à côté du texte, ou bien ce qui ne compte pas. À la marge, celui qui alimente la machine à imprimer, ou bien celui
qui a fait un pas de côté, s’éloignant de la masse. À la marge celui qui dessine au lieu de noter, celui qu’on finit par repousser, ou celui qui donnera le sens des choses, plus tard.

Car c’est à la marge qu’on trouve ce qui structure, ce qui relie. Ce qui déconstruit, ce qui explore. À la marge, le fond perdu, le prix de l’inattention. Typographes, designers, artistes contemporains, créateurs des médias numériques, auteurs et analystes griffonnent leurs mots et leurs images, et refont le monde aux Rencontres internationales de Lure.

Les intervenants

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  • En marge
  • code
  • feuilleton

Alexia de Vissheer

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Prix Fernand Baudin 2011

  • En marge

Le prix Fernand Baudin attribue à l’issue d’un concours une mention aux livres qui témoignent d’une grande qualité tant au point de vue de leur conception que de leur réalisation. Le prix Fernand Baudin est une initiative de plusieurs graphistes-enseignants, agissantdans le milieu du livre.

Mark Webster

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Processing Lure

  • En marge
  • code

Mark Webster est homme d’image et de plume. Il a créé l’association FAB, Free Art Bureau pour les artistes et designers créant avec des idées, du code et des techno­logies d’open source.
Présentation avec les participants de la recherche et des productions créatives de l’atelier de typo­graphie générative processing d’août 2011.

Françoise Neveu

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feuilleton

  • feuilleton

Ce qu’il y a dans la marge,
par définition
on ne le sait pas encore.
Ce qu’il y a dans la marge,
par définition
on commence à le deviner.
Ce qu’il y a dans la marge,
par définition
on se laisse surprendre.
Ce qu’il y a dans la marge,
par définition.

Poète, ethnologue, ébéniste. Née à Oran de parents enseignants originaires des Ardennes et du Poitou, adolescence en Afrique. Thèse d’ethnologie sur les RIL. Enseigne le travail de l’écriture créative www.textes.net.

Claire Bardainne & Vincenzo Susca

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Récréations

Ce livre est né du désir d’hybrider réflexion théorique et création visuelle. L’étude des phénomènes esthétiques, sociaux et technologiques est nourrie de références scientifiques, littéraires et artistiques, mais ses mots sont aussi les briques d’une composition graphique et typographique.
Forme et sens s’y entrefaçonnent en un dialogue étroit dans chacun des thèmes abordés : vibrations, tribus, extases, subversions, diasporas, barbarie.
L’ouvrage tente de rejoindre la forme des phénomènes qu’il observe : un contexte de perpétuel carnaval, où fête et jeux sont disséminés dans chaque parcelle du quotidien, et non plus cantonnés à des espaces-temps délimités..

Claire Bardainne a étudié le graphisme et la scénographie. Ses recherches portent sur le signe, l’espace et le parcours. Elle conçoit spectacles et installations, et revient régulièrement à la sociologiede l’imaginaire.

Vincenzo Susca est maître de conférence en sociologie de l’imaginaire à l’université de Montpellier. Il co-dirige la revue Les cahiers européens de l’imaginaire. Il vient de publier Joie tragique, les formes élémentaires de la vie électronique.

À quoi pensaient les premiers astronautes en voyant s’éloigner la terre ?
Leurs pensées rejoignaient-elles celles des marins de Christophe Colomb en voyant leur continent disparaître derrière l’horizon ?
Pourquoi Rimbaud est-il devenu trafiquant d’armes ?
Et qu’est devenue Pat Paterson ?
Se mettre à la marge.
Prendre le large.
Promenade en images sur ce que l’on trouve en marge, d’une page, d’un tableau, de la cité, de la pensée dominante..

François Weil est graphiste indépendant. Il a travaillé pour des groupes industriels, des éditeurs et de grandes administrations. Sa complice, Adeline Goyet est graphiste à l’Atelier Malte Martin. Ils ont fait de leur différence générationnelle une complémentarité, une force qui expli­que le succès de leurs collaborations.

Heureux les cailloux

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Pierre-Feuille-Ciseaux

Attachés à une éthique certaine, nous avons besoin de croire aux valeurs de nos clients (culturelles, politiques, écologiques….) pour les servir au mieux.
Passionnés par les techniques d’impression, spécialisés dans le graphisme « print » (entendre : visant à être imprimé, en opposition avec le graphisme « Web »), nous développons également un travail de plasticiens autour de l’estampe dans notre atelier de création et d’impression typographique, linogravure, taille-douce et sérigraphie.

Heureux les cailloux est un collectif composé du minimum syndical de membres pour former un col-
lectif, à savoir : deux. Formés à l’École supérieure Estienne et à Olivier de Serres pour Evelyne Mary, et à l’École supérieure La Martinière-Diderot pour Didier Mazellier, nous co-fondons Heureux les cailloux pour répondre aux besoins de conception graphique et de communication visuelle des acteurs culturels, institutionnels et associatifs.

Niklaus Troxler

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Affisuisse

Niklaus Troxler a développé un langage graphique indissociable de sa fascination pour la musique ; il a fondé en 1975 un festival de jazz à Willsau, en Suisse. Ses affiches colorées et stylisées, parfois jusqu’à la géométrie, taquinent la lisibilité et dérangent la perception. Elles ont rejoint les collections de nombreux musées.

Après avoir étudié le graphisme à Lucerne, Niklaus Troxler est un moment D.A. à Paris. Il fonde son atelier en 1973. Il produit des affiches, pochettes de disques, illustrations… Également enseignant à Stuttgart, il a reçu de nombreux prix et ses travaux ont été exposés à travers le monde. Il est membre de l’AGI.

Entre « b » et « e », le dessinateur de carac­tères dirait qu’il n’y a que deux lettres ! C’est davantage sa pratique du design typo-graphique élaborée au cours de quinze années que Damien Gautier nous fera découvrir, entre le Bureau 205 et la jeune maison d’édition Deux-Cent-Cinq qu’il a créés en 2010.

Damien Gautier ouvre en 2010 le Bureau 205 où il pratique design graphique et dessin de caractères, essentiellement dans le domaine éditorial. Il crée aussi les Éditions deux-cent-cinq avec le souhait d’interroger le statut du livre (à l’ère de la lecture tant redoutée à l’écran) et de publier des ouvrages exigeants tant sur la forme que sur le contenu, envisageant les modes de production traditionnels et numériques comme autant de possibles.

Les versions expressives garabond/fond/gond – dérivées de l’Adobe Garamond – et la famille florencia, sont deux réponses à la question : comment des variations de formes typographiques altèrent l’expérience de lecture d’un texte littéraire ?

Spécialisée dans l’édition, Lucille Guigon est graphiste indépendante à Paris depuis 2 ans.
Après des études artistiques aux Beaux-Arts de Marseille puis aux Beaux-Arts de Besançon en communication visuelle, elle poursuit ses recherches typographiques à l’ESAD d’Amiens en 2009, dans le cadre du post-diplôme “Système graphique, typographie et langage”.

C’est lors de ma première participation aux Rencontres, en 1977, que je l’ai rencontré. Il apportait une solution lumineuse au problème que je n’avais pas su résoudre 5 ans plus tôt. La graphique, qu’il venait de publier, a toujours guidé mon travail. J’ai mis en pratique ses principes et les ai fait découvrir avec profit à de jeunes graphistes. J’ai souvent utilisé la célèbre matrice qui porte son nom : j’en montrerai les applications.
Je serai heureux de rendre hommage à cet homme qui m’a tant apporté et qui reste sans conteste « le Pape du traitement graphique de l’information et de la cartographie thématique ». Il s’appelait Jacques Bertin.

Jacques Thomas a été ingénieur agronome dans une vie antérieure (ce qui l’a amené à découvrir la sémiologie graphique). Depuis, son penchant naturel pour la communication, la photographie et la pédagogie l’ont fait glisser vers le métier de conseil en communication, d’abord à Forcalquier, puis à Saint Maime où il intègre Internet à jeu égal avec l’édition (Azur Multimédia). C’est Yves Perrousseaux qui l’a amené à Lurs.

Eve Netchine

Part du travail éditorial ou élément de réception, les marginalia empruntent plusieurs langages pour ouvrir le dialogue avec le texte qu’elles encadrent : contrepoint, dérision, transgression ou système explicatif, comment lire les représentations figurées et les annotations portées en marge des livres manuscrits et imprimés ?

Conservatrice à la bibliothèque de l’Arsenal (Bibliothèque nationale de France), Eve Netchine a consacré plusieurs travaux à l’histoire du livre : Catalogues de libraires 1473-1810, avec Claire Lesage et Véronique Sarrazin (Paris, 2006) ; Le livre entre commerce et l’histoire des idées, avec Claire Lesage et Annie Charon (Paris, 2011). Elle étudie également l’histoire de la lecture au XIXe siècle : La salle B ou 70 ans de lecture publique à la Biblio­thèque nationale.

La sensation d’isolement durant nos études et le manque certain d’outils de réflexion, d’analyse et de témoignages sur les pratiques et l’histoire du design graphique et de la typographie ont été les deux raisons principales qui nous ont poussés à initier la création de F7. Les mêmes raisons et la multitude de questions quotidiennes liées à notre pratique ont contribué à la création de la revue Marie Louise en 2006 devenue Back Cover en 2008 et accompagné la création de la maison d’édition B42. Ces projets éditoriaux nous permettent de constituer une boîte à outils – en français – et de tisser des liens à l’étranger, nécessaires à la compréhension de notre pratique et de ses enjeux. Nous présenterons à cette occasion nos expériences et nos rencontres à travers ces projets.
Alexandre Dimos et Gaël Étienne ont fondé le studio deValence. Leur pratique éditoriale, typographique et graphique est balancée par plusieurs projets pour la compréhension, l’analyse et la diffusion des pratiques artistiques. Ils ont créé F7 avec des amis, une association dont l’une des principales missions est l’organisation de conférences avec des designers graphiques et des typographes du monde entier. Ils dirigent la revue Back Cover et la maison d’édition B42.

Une digression sur ma perception de la marge, ou des marges, à travers quelques exemples de livres dessinés.

Je vis et travaille à Paris. Plusieurs fois primé au Concours des plus beaux livres du monde (Leipzig). J’enseigne à l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (Paris). Je suis membre de l’Alliance graphique internationale. Ancien pension­naire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome.

Susanna Stammbach

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Allez-marge

…un voyage visuel à travers des œuvres d’étudiants.

Née en 1957 à Aarau, Susanna Stammbach a étudié la typographie à Bâle. Elle enseigne aujourd’hui la typo­-
graphie et dirige en parallèle séminaires et conférences. Elle a créé son atelier de communication et signalétique en 1991.

Pilier des Rencontres de Lure où il venait tous les ans depuis plusieurs décennies échanger et partager son savoir typographique qui était aussi grand que sa modestie, Yves Perrousseaux s’en est allé il y a quelques semaines, laissant derrière lui une oeuvre inachevée sur l’histoire de l’écriture typographique et une maison d’édition, l’Atelier Perrousseaux. Il avait cependant pris soin en 2009 de laisser les clés de cette dernière entre les mains de David Rault ; c’est donc tout naturellement que ce dernier viendra à Lurs pour nous parler de Yves et des ouvrages parus et à venir.

Graphiste, typographe, photographe et directeur de collection à l’Atelier Perrousseaux, David Rault vit et travaille entre Paris et Istanbul ; il a également rédigé le Guide pratique de choix typographique et la monographie Roger Excoffon, le gentleman de la typographie. Il prépare actuellement un livre sur le typographe Jean Alessandrini et un recueil de photographies.

translatio typographiae (traduire la typographie) : projet de création d’une famille de caractères ouvrant la voie à des variantes d’un nouveau genre. L’œillère de la sphère commerciale et du progrès informatique a tendance à nous faire oublier qu’un texte composé est basé sur la langue. Cette conférence abordera les aspects de la conception d’une famille typographique à l’usage des textes face à leurs traductions. Via la recherche de modèles ou de tempéraments typo- ­graphiques, et l’étude de l’encombrement des langues, Morgane Rébulard développera les problématiques liées à la typographie dans les supports multilingues, et les solutions de son Polyglot. [Conférence présentée par Morgane Rébulard et Colin Caradec.]

Graphiste et dessinatrice de caractères, Morgane Rébulard est diplomée de l’École Estienne (DMA option Typographie – 2008) et de l’ÉSAD d’Amiens (DNSEP – 2010). Elle suit une formation en dessin de caractères depuis quatre ans à l’Imprimerie Nationale et participe à un projet de recherche autour d’une graphie de la langue des signes (Gestual- Script). Elle a travaillé pour divers studios de création et dirige depuis peu The Shelf Company, atelier graphique et maison d’édition.

translatio typographiae (traduire la typographie) : projet de création d’une famille de caractères ouvrant la voie à des variantes d’un nouveau genre. L’œillère de la sphère commerciale et du progrès informatique a tendance à nous faire oublier qu’un texte composé est basé sur la langue. Cette conférence abordera les aspects de la conception d’une famille typographique à l’usage des textes face à leurs traductions. Via la recherche de modèles ou de tempéraments typo- ­graphiques, et l’étude de l’encombrement des langues, Morgane Rébulard développera les problématiques liées à la typographie dans les supports multilingues, et les solutions de son Polyglot. [Conférence présentée par Morgane Rébulard et Colin Caradec.]

Frank Adebiaye est typographe depuis 1999 et rédacteur sur le site Le Typographe depuis 2006. Rejeton de la “génération Postscript” –La génération n’ayant connu la typographie que sous sa forme numérique actuelle–, il a animé de 2006 à 2010 la rubrique “Curiosités typographiques” du blog Velvetyne. Depuis mars 2009, il publie le fanzine typographique Le Rhino et en 2010 il monte sa propre fonderie numérique, Velvetyne Type Foundry (VTF), où il distribue et édite des caractères typographiques libres et expérimentaux.

Dans la marge inférieure de la page, sous l’image, se trouve cette phrase souvent pleine de mystère qui illustre à son tour l’illustration et qu’on nomme la légende. Je reviendrai sur ses origines et ses modalités : documentaires, grammaticales, stylistiques : simple titre, indexation, et, depuis le xviiie siècle, genre littéraire spécifique distinct du texte qu’elle illustre, qu’ont su exploiter Goya, Hugo, Redon et les surréalistes, slogan publicitaire, complément obligé (?) des dessins d’humour, avant de devenir sur Flickr cet objet ambigu, plus complexe qu’il n’y paraît : le tag.

Michel Melot a dirigé le département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, avant de devenir directeur de la Bibliothèque publique d’information du Centre G. Pompidou et de diriger l’Inventaire général du patrimoine au ministère de la Culture. Il est l’auteur de romans, de livres d’histoire de l’art, dont L’Illustration, histoire d’un art (Skira,1984), Livre, (L’œil 9, 2006), Une brève histoire de l’image (L’œil 9, 2007).

En France, la « culture savante » mésestime depuis longtemps le design graphique. La même attitude se déve­loppe à l’égard de la culture numérique. En d’autres termes, des pratiques du quotidien demeurent en marge du cadre de pensée de la culture et des arts.
Le design graphique est indissociable de la culture numérique, comme il le fut de la culture industrielle du XIXe siècle. Au cœur de cette relation : la technique. Chaque poussée technique engendre un processus de défonctionnalisation et de refonctionnalisation des valeurs et des statuts (notamment culturels et artistiques), autant que de démocratisation et de reconfiguration des normes et des marges.

De formation, Annick Lantenois est historienne de l’art. Elle a orienté son travail vers l’histoire et la théorie du design graphique. Depuis janvier 2000, elle enseigne dans l’option design graphique de l’École supérieure d’art et de design Grenoble-Valence. Elle a publié Le Vertige du funambule. Le design graphique, entre économie et morale, aux éditions B42/Cité du design de Saint-Étienne, ainsi que des articles dans les revues Azimut, Back Cover, Livraison

En prélude à la rétrospective consacrée à son œuvre typographique à l’occasion de ses 80 ans, en 2012 (monographie, exposition, film documentaire, conférences, workshops), le moment est propice, à Lurs, 40 ans après sa venue, de parcourir son œuvre et, plus particulièrement, de mettre à jour son processus de création. Quotidiennement, il dessine et accumule des croquis de mots, griffonnés sur des morceaux de papier épars, des enveloppes, des nappes de restaurant. Certains deviendront des alphabets, d’autres pas. Nous consulterons ces « dessins à la marge » et essayerons de mieux comprendre la singularité des formes « botonesques ».

Albert Boton est né en 1932. Menuisier-ébéniste de formation, il apprend la calligraphie à l’École Estienne avec Adrian Frutiger puis chez Deberny & Peignot avec Ladislas Mandel. Il travaille ensuite avec Roger Talon, Albert Hollenstein, Robert Delpire et enfin Gérard Caron chez Carré Noir. En parallèle, il enseigne à l’ANCT et à l’ENSAD. Il a dessiné plus de 60 caractères. Il est reconnu comme l’un des grands dessinateurs de caractères français contemporains.

Dans les années 1950 et 1960, les placards des enfants états-uniens sont hantés. Le kraken nucléaire y a remplacé l’éternel croquemitaine. Tandis que leurs pères construisent des machines communicantes et des tours imprenables pour refroidir le monde, les jeunes générations rêvent de liberté. Certains la recherchent au sein même de leur université dont ils dénoncent la mécanisation croissante, d’autres la poursuivent en dehors des villes, au delà des conflits, dans « Une forêt cybernétique…sous la haute surveillance de machines pleines d’amour et de grâce ». Le clivage psycho-électronique naît et peut dès lors nous contaminer.

Lorrain, avec beaucoup de sang italien, de grande taille, les cheveux enchevêtrés, les idées aussi. Parcourt Paris en vélo. Pratique un peu le mot, le coup de pied sauté et le vin rouge. A traduit From Counterculture to Cyberculture, livre socio-historique de Fred Turner, états-unien, avec C&F éditions en 2010. Aime beaucoup moins les ordinateurs depuis.

Yulia Brodskaya

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Paperolles

L’art du papier plié est souvent considéré avec dédain comme un amusement d’enfant ou de bonne femme. En prenant comme exemple mes illustrations en papier, je montrerai comment, en faisant un usage créatif des paperolles, nous pouvons donner à cette technique de pliage une vie et un sens nouveau dans le contexte de la communication visuelle.

Yulia Brodskaya est née à Moscou. Avant d’aller vivre au Royaume-Uni en 2004, elle s’intéressait à de nombreuses techniques de création : peinture sur tissus, origami, collage… Après un master en communication visuelle en 2006, elle continue à chercher des moyens de rassembler ce qu’elle aime le plus : la typographie, le papier et les objets manufacturés très détaillés. Elle a rapidement gagné une réputation internationale et continue à créer des objets en papier de très grande précision pour des clients dans le monde entier.

Parler, en les illustrant par des modèles et des exemples, de la marge des cahiers, des supports d’écriture en ma possession. Les faire parler, commenter leurs contenus. Souligner l’importance de la marge, son utilisation, ses utilisateurs, son usage, ses rites, sa pratique.

Henri Mérou est peintre en lettres, calligraphe de “belle écriture” de type scolaire : cursive et ronde. Il collectionne les cahiers (40 000) de méthodes d’écriture, d’outils. Travaille sur les apprentissages de l’écriture. Il a produit de nombreux ouvrages sur le thème du cahier.

« Un livre […] nous isole de la myriade de distractions qui emplissent notre vie au quotidien. Un ordinateur relié à un réseau a le résultat exactement inverse. » À l’instar de l’américain Nicholas Carr dans son livre Les futilés, ce qu’Internet apporte à notre cerveau, Jean-Philippe Zappa nous démontre à travers l’association Culture Papier le caractère vivant du papier et de l’imprimé dans un environnement de plus en plus numérique.

L’association Culture papier a été fondée par des organisations professionnelles (imprimeurs, papetiers, éditeurs…) et de grandes entreprises (La Poste, Mediapost…) pour promouvoir des usages responsables du papier et affirmer son rôle incontournable dans une société du multimédia. L’économiste, attaché parlementaire et écrivain Jean-Philippe Zappa est le délégué général de Culture papier depuis sa création en janvier 2010.

Tom Henni

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Ouverture

Lors d’une commande faisant suite aux deux éditions de l’exposition WYSIWYG, poétiques de l’édition, la direction du festival de Chaumont a invité Tom Henni à créer une scénographie pour les Plus beaux livres français 2010. Ses pérégrinations l’ont amené à présenter au public des livres découpés, disloqués comme une étude scientifique. Tom Henni nous montrera à travers ces trois expositions comment il tente d’enrichir sa palette de processus spécifiques, aux champs de la performance, de l’installation, de l’artisanat, de l’écriture…

Tom Henni est graphiste et illustrateur indépendant. Vivant et travaillant à Lyon, il enseigne aux Beaux-Arts de Valence depuis janvier 2011. Tom Henni s’attache à réaliser des dispositifs visuels au service du sens, considérant le lecteur comme un usager ayant une culture, et le graphisme comme un objet qu’on utilise, avec son ergonomie propre.

Ou quel enseignement du graphisme et de l’image pourrait nous procurer l’artiste, écrivain et prophète Frédéric Bruly Bouabré.

Frédéric Bruly Bouabré est né en Côte d’Ivoire en 1923, depuis le début des années 1950, il engrange les connaissances et tente de les inscrire de les enseigner et de les rendre disponibles. Longtemps uniquement considéré comme un illuminé en son pays, il est désormais reconnu comme un artiste et un savant. Il est l’auteur d’un alphabet syllabique original et de centaines de manuscrits et de dessins qu’il produit chaque jour depuis plus de 60 ans.

Christian Schwartz

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Obsession typographique

Minutieux et complexe, le dessin de caractères est une activité intrinsèquement prenante, suivant l’impli­cation ou non du client. Christian Schwartz évoquera ses obsessions et celles de ses collègues allant des lettres au pochoir, à Factory Records, en passant par la façon dont les designers graphiques suisses du XXe siècle ont influencé la collection Commercial Type et les ont motivés dans leurs projets.

Christian Schwartz est dessinateur de caractères et consultant en typographie. Il vit à New York. Il est aussi membre de la fonderie de caractères Commercial Type avec Paul Barnes.

Laurent Lemire

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Fous et savants

De l’Antiquité à nos jours, la science a été traversée par des marginaux
quelquefois géniaux. Ces savants farfelus, loufoques ou carrément fous ont souvent permis d’élargir le champ des connaissances. Dans ces marges du savoir, certains ont ajouté des pages délirantes à l’histoire des sciences.

Né en 1961, journa- liste, collaborateur au Nouvel Observateur et à Livres Hebdo. Il a été rédacteur en chef de Campus puis d’Esprits Libres, deux magazines présentés par Guillaume Durand sur France 2. Il est l’auteur de plusieurs essais et biographies dont Le Siècle d’Albert Einstein (Perrin, 2008).

Camille Scherrer

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Blurring Frontiers

À la recherche de nouveaux champs d’investigation, elle explore les intersections entre l’art et les nouvelles technologies. S’inspirant des montagnes au pied desquelles elle a grandi elle a créé son propre univers peuplé d’animaux, de télécabines, de sapins et de cartes postales.

Camille Scherrer, jeune designer suisse obtient en 2008 son diplôme de designer à l’École cantonale d’Art de Lausanne. Elle présente à cette occasion une installation de réalité augmentée qui permet de voir avec une caméra des animations sortir des pages d’un livre. Elle a gagné avec ce travail, exposé et publié internationalement, le prix Pierre Bergé. Elle enseigne les nouveaux médias à la Haute École de design de Genève et réalise des commandes pour des clients tels que Louis Vuitton, le Cube – Paris ou encore le MUDAC.

Cher Étienne,
On a ensemble une petite heure pour expliquer en quoi le sujet À la marge nous concerne au plus profond de notre être personnel, émotionnel et professionnel !
Les artistes, comme tu le sais, sont des êtres sensibles chez qui ces trois rubriques sont fusionnées, n’est-ce pas ? Voilà le brief […]
Je te fais un kiss et je te prie d’accepter mes excuses pour notre rendez-vous téléphonique raté, je galère avec un 240 pages à terminer ! […]
xxx susanna.

Né en 1945, Étienne Robial est Graphiste-éditeur, surtout pas “Graphic designer”. Signe particulier : ne met pas d’accent sur les capitales quand le créateur de caractères ne les a pas dessinées lui-même.
Susanna Shannon habite à Strasbourg-Saint-Denis, France, où elle travaille sur un parquet en marquetterie. Et aussi, elle enseigne le design graphique à l’ENSAD; et elle a même un groupe d’étudiants fans de ses cours dans Facebook.

C’est lors de ma première participation aux Rencontres, en 1977, que je l’ai rencontré. Il apportait une solution lumineuse au problème que je n’avais pas su résoudre 5 ans plus tôt. La graphique, qu’il venait de publier, a toujours guidé mon travail. J’ai mis en pratique ses principes et les ai fait découvrir avec profit à de jeunes graphistes. J’ai souvent utilisé la célèbre matrice qui porte son nom : j’en montrerai les applications. Je serai heureux de rendre hommage à cet homme qui m’a tant apporté et qui reste sans conteste « le Pape du traitement graphique de l’information et de la cartographie thématique ». Il s’appelait Jacques Bertin.

Jacques Thomas a été ingénieur agronome dans une vie antérieure (ce qui l’a amené à découvrir la sémiologie graphique). Depuis, son penchant naturel pour la communication, la photographie et la pédagogie l’ont fait glisser vers le métier de conseil en communication, d’abord à Forcalquier, puis à Saint Maime où il intègre Internet à jeu égal avec l’édition (Azur Multimédia). C’est Yves Perrousseaux qui l’a amené à Lurs.